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La chapelle sur la dune où travaille Kiko semble tout droit sortie d'un western. Sa silhouette et sa situation, comme posée sur une dune, perdue entre la forêt et l'océan, renforcent chez Kiko le sentiment d'être hors du temps et hors de l'espace commun.


La plage et les dunes offrent au regard une perspective sans obstacle, permettant à l'esprit de se figurer ce que peut être l'infini. Pour Kiko cette sensation visuelle vient soutenir l'idée d'une évasion, la possibilité d'une liberté totale, jusqu'à l'étourdissement.
Les scènes extérieures à la plage et dans les dunes, sont portées par des images solaires, lumineuses. La texture et la saturation des images renvoient aux vacances d'été, à l'insouciance, la chaleur.


La forêt est ce lieu intermédiaire ambigu, entre la plage et la route, entre le naturel et le culturel. Elle offre un panel de possibilités par les chemins qui s'y entrecroisent, comme un dédale cérébral. Kiko tracera son propre chemin entre ses obligations et ses pulsions, entre ses devoirs et ses désirs.


La chambre d'hôtel, endroit clos sans autre ouverture sur l'extérieur que l'écran de l'ordinateur portable. Sensée être un lieu de repos, la chambre devient une cage rappelant à Kiko sa condition. Froideur fonctionnelle et dépouillée d'une chambre d'hotel sans caractère dont on ne verra rien de plus qu'un bureau contre un mur.


Les scènes artificielles apparaissent dans le dos de Kiko pour dévoiler l'interprétation caricaturale de sa situation. La caméra glisse et la lumière change plaçant les personnages dans une inspiration de théâtre Kabuki. Au dépouillement du décor s'oppose la surenchère de costumes, de maquillages et un jeu outré, une pantomime qui installe une sorte de parenthèse surréaliste dans le récit.